Santé mentale au travail : la fin d’un tabou ?

Publié le 6 avril 2026

La santé mentale au travail s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur pour les employeurs. Longtemps restée dans l’angle mort des politiques de prévention, la souffrance psychique liée au travail est désormais mieux identifiée et davantage prise en compte. Stress chronique, anxiété, épuisement professionnel ou troubles dépressifs font aujourd’hui partie des problématiques que les entreprises et institutions doivent intégrer dans leur réflexion sur la qualité de vie et les conditions de travail.

santé mentale au travail
santé mentale au travail

À l’UPEC : la santé mentale est un enjeu collectif

Des dispositifs concrets pour prévenir les difficultés psychiques au travail sont mis en place par l’Université, en direction de ses personnels.
 

  • Formations premiers secours en santé mentale (PSSM)
    Depuis 2023, l’université propose des formations spécifiques de 2 jours pour apprendre à repérer les signes de détresse psychique et savoir comment réagir face à une personne en difficulté. Ces formations visent à acquérir des connaissances de base sur les troubles psychiques, à apprendre à écouter sans jugement et à orienter les personnes vers des ressources adaptées. En 2025, 17 sessions ont été réalisées.
  • Une psychologue est disponible pour les personnels
  • Une cellule d’écoute "Stop violences et discriminations" permet de signaler toute situation de violences, qu'il s'agisse de harcèlement, de violences sexistes ou sexuelles, homophobes, transphobes, racistes ou antisémites, dont pourraient être victimes les personnels, enseignants et enseignants-chercheurs.
  • Un référent handicap est à disposition des personnels, tandis que dans chaque composante un agent est référent handicap pour les étudiants.
  • Un programme d’actions déployé lors de la Semaine européenne pour l’emploi des personnes handicapées (SEEPH) 2025.
    Plusieurs dispositifs ont été mis en place :
  1. Un escape game digital pour aborder de manière interactive des thèmes tels que les stéréotypes, les bonnes pratiques relationnelles ou la posture professionnelle.
  2. Une conférence dédiée à la santé mentale au travail a permis d’expliquer les mécanismes qui peuvent conduire au stress ou à l’épuisement professionnel, notamment l’intensification des tâches ou le manque de reconnaissance.
  3. Des activités de bien-être au travail
  4. Des ateliers de yoga relaxation, accessibles à tous les agents, ont été proposés pour favoriser la détente et la récupération mentale après la journée de travail. Des cours de Yoga sont également proposées par le SUAPS tout au long de l’année par Raphaële Vallaeys.

Ces initiatives illustrent une approche globale de la santé mentale, combinant sensibilisation, formation et actions de bien-être.

Vers une culture de la santé mentale au travail

De nombreuses initiatives témoignent d’une évolution importante : la santé mentale n’est plus seulement une question individuelle, mais un enjeu collectif.

Pour Antoine Pelissolo, psychiatre au GHU Henri Mondor, cette évolution constitue une étape essentielle. Parler ouvertement de santé mentale contribue à réduire la stigmatisation et encourage les personnes en difficulté à demander de l’aide plus tôt.

Dans un contexte où les transformations du travail sont rapides, développer des politiques de prévention et des espaces de dialogue apparaît aujourd’hui comme une condition essentielle pour préserver durablement la santé des travailleurs

Cette prévention passe notamment par :

  • une meilleure formation des managers
  • une attention portée à la charge de travail
  • des dispositifs d’écoute et d’accompagnement
  • une culture professionnelle qui favorise la reconnaissance et le dialogue.