La Convention citoyenne étudiante

La Convention citoyenne étudiante (CCE) de l’UPEC est un dispositif de participation, de délibération et de formation à la démocratie, qui permet aux étudiantes et aux étudiants de réfléchir collectivement aux grands enjeux qui traversent l’université et la société, et de contribuer à la construction de solutions concrètes.

Créée en 2021 à l’initiative de l’Institut d’études politiques (IEP) de Fontainebleau, avec le Living Lab Algopo et la Chaire Délibération, la CCE constitue une expérimentation originale à l’échelle universitaire. Co-conçue par des étudiantes, des étudiants et des enseignants-chercheurs spécialistes de la participation citoyenne et de la démocratie délibérative, elle s’inspire notamment de la Convention citoyenne pour le climat.

Une école de la démocratie à l’université *

La CCE repose sur une conviction : l’université est aussi un lieu d’apprentissage et d’expérimentation démocratiques. Elle offre aux étudiantes et aux étudiants la possibilité de s’informer, de confronter leurs points de vue, de dialoguer avec des scientifiques, des professionnels, des associations et des acteurs du territoire, puis de délibérer collectivement pour faire émerger des propositions.

Chaque édition s’organise autour d’un grand thème lié aux enjeux contemporains, (lien vers site IEP avec historique). Les travaux associent temps d’information, rencontres avec des personnes ressources, ateliers collectifs, échanges contradictoires et phases de délibération. Ce processus permet de passer de l’acquisition de connaissances à la formulation collective de propositions d’action.

Au fil des éditions, plusieurs centaines d’étudiantes et d’étudiants issus des différentes composantes de l’UPEC ont ainsi participé aux travaux de la CCE, accompagnés par des scientifiques, des acteurs associatifs, des professionnels, des représentants institutionnels et des partenaires du territoire.

De la réflexion à l’action

La CCE ne se limite pas à un exercice de réflexion ou de consultation. Ses travaux donnent lieu à des propositions concrètes, susceptibles de contribuer à l’évolution de l’université et, plus largement, à celle des territoires qui l’entourent.

Les propositions peuvent concerner les politiques et les pratiques de l’UPEC, mais aussi interpeller les collectivités territoriales, les acteurs associatifs et, selon les sujets, les institutions nationales. Plusieurs éditions ont ainsi contribué à nourrir des documents stratégiques de l’université ou à faire émerger des initiatives concrètes.

La première CCE, consacrée à l’impact environnemental de l’alimentation, a notamment contribué à la création d’une vice-présidence dédiée à la responsabilité sociétale de l’université, au développement du statut d’éco-délégué et à l’intégration d’enjeux environnementaux dans les projets financés par la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC). Les éditions suivantes ont notamment travaillé sur le numérique, les communs, l’avenir de l’université, la transformation écologique et sociale ou encore le vivre-ensemble.

Une démarche qui évolue avec les étudiantes et les étudiants

La CCE est conçue comme un processus évolutif : chaque édition s’appuie sur les enseignements de la précédente et permet d’expérimenter de nouvelles formes de participation.

Les formats proposés peuvent ainsi associer ateliers de délibération, hackathons, théâtre-forum, rencontres avec des experts ou encore balades apprenantes. Ces dernières permettent notamment de relier les réflexions menées à l’université aux réalités des campus, des territoires et des acteurs qui les font vivre.

Cette évolution permanente fait de la CCE un laboratoire de démocratie universitaire, dans lequel les étudiantes et les étudiants ne sont pas seulement consultés : ils participent à la définition des sujets, à la construction des débats et à l’élaboration des propositions.

Faire vivre la démocratie étudiante

Au-delà des propositions produites, la CCE entend contribuer à développer une culture de la participation, de la délibération et de l’engagement au sein de l'université. Elle constitue un espace où l’expérience étudiante, les savoirs scientifiques et les expertises de terrain peuvent se rencontrer pour éclairer collectivement les choix qui concernent l’université et la société.

Cette ambition rejoint la réflexion portée par Émilie Frenkiel, (lien) politiste et maîtresse de conférences à l’UPEC, qui a contribué à la conception et au développement des CCE. Dans une tribune publiée dans Le Monde en 2022, elle défendait l’idée de « multiplier ces écoles de la démocratie que sont les conventions citoyennes étudiantes », en soulignant leur capacité à donner aux jeunes les moyens de participer à la construction de leur avenir.

Depuis sa création, la Convention citoyenne étudiante s’inscrit ainsi dans une ambition durable de l’UPEC : faire de l’université un espace de formation, de connaissance et d’expérimentation démocratique, où les étudiantes et les étudiants peuvent prendre part aux transformations de leur établissement et de leur société.

 

* Tribune de Emilie Frenkiel, publiée dans Le Monde - 1er juin 2022

Le congé menstruel : une proposition étudiante devenue une politique de l’UPEC

Une réalisation concrète de la CCE

Lors de la CCE 2023, les étudiantes et étudiants ont proposé la mise en place d’un congé menstruel, afin de mieux prendre en compte les absences liées aux règles douloureuses et invalidantes. Retenue parmi les propositions officielles de la Convention, cette mesure a ensuite fait l’objet d’un travail avec les services de l’université et le Service de santé universitaire, avant d’être adoptée par les instances de l’UPEC.

Depuis la rentrée 2024, l’UPEC propose ainsi un congé menstruel aux étudiantes et étudiants concernés, permettant de justifier des absences liées à des symptômes menstruels ou prémenstruels invalidants, y compris dans le cadre de l’assiduité et des évaluations.

Cette réalisation illustre concrètement la vocation de la CCE : faire émerger, à partir de l’expérience et des propositions étudiantes, des évolutions susceptibles de transformer durablement la vie universitaire.