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Obésité et cancer : un mécanisme biologique enfin identifié
Une étude internationale, à laquelle a contribué Sophie Pénisson, maître de conférences à l’UPEC, met en évidence le rôle de la taille des organes dans l’augmentation du risque de cancer et souligne l’importance d’un poids sain dès l’enfance.
Des organes plus volumineux, un terrain favorable aux mutations
Jusqu’à présent, le lien entre obésité et cancer était bien établi, mais ses causes biologiques restaient encore mal comprises. Cette étude apporte un éclairage nouveau : lorsque le corps prend du poids, les organes augmentent de volume pour répondre aux besoins énergétiques accrus. Cette croissance s’accompagne d’une augmentation du nombre de cellules. Or, chaque division cellulaire comporte un risque d’erreur dans l’ADN. Plus le nombre de cellules est élevé, plus la probabilité de mutations augmente, favorisant le développement de tumeurs.
Lorsque la taille d’un organe augmente, le nombre de cellules qu’il contient augmente également. Cela signifie davantage de divisions cellulaires et donc davantage de risques d’erreurs génétiques pouvant conduire à un cancer », explique Sophie Pénisson, co-autrice de l’étude et maître de conférences affiliée au Laboratoire d'analyse et de mathématiques appliquées (LAMA) du CNRS, de l’Université Gustave Eiffel et de l’UPEC.
Des résultats confirmés à grande échelle
Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les données de 747 adultes présentant des profils très variés en termes d’indice de masse corporelle (IMC). Grâce à des examens d’imagerie, ils ont mesuré la taille de plusieurs organes et observé une corrélation directe avec le poids :
- le foie augmente en moyenne de 12 % tous les 5 points d’IMC
- les reins de 9 %
- le pancréas de 7 %
Des analyses complémentaires ont montré que plus de 60 % de cette croissance est liée à une hausse du nombre de cellules (hyperplasie), et non uniquement à une augmentation de la taille cellulaire.
Un changement de regard sur l’obésité
Ces travaux remettent en question certaines idées reçues, selon lesquelles l’augmentation de la taille des organes chez les personnes en surpoids serait principalement liée à une accumulation de graisse dans les cellules. Ils montrent au contraire que c’est surtout le nombre de cellules qui augmente, multipliant les risques de mutations. Dans certains cas, les organes peuvent même voir leur taille doubler, ce qui pourrait entraîner un doublement du risque de cancer.
Un enjeu de prévention dès le plus jeune âge
Les chercheurs insistent sur l'importance de la prévention. La croissance des organes et l’accumulation de mutations s’inscrivent dans le temps long, parfois sur plusieurs décennies. Ainsi, l’obésité dès l’enfance pourrait exposer les individus à un risque accru de cancer à l’âge adulte, en prolongeant la durée pendant laquelle les cellules sont susceptibles d’accumuler des altérations génétiques.
Vers de nouvelles pistes de recherche
Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives, notamment pour mieux évaluer le risque de cancer. Ils suggèrent que la taille des organes pourrait, dans certains cas, constituer un indicateur plus pertinent que l’IMC, qui ne distingue pas la masse grasse de la masse musculaire. De futures recherches devront également déterminer si la perte de poids permet de réduire la taille des organes et, à terme, le risque de cancer.
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Avril Boisneault
Agence Canévet & associés
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