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Un projet de l’IMRB sélectionné par l’appel d’offres «équipes FRM 2016»

Publié le 13 avril 2017

Un projet sur l’étude des lymphomes T porté par l’équipe 9 de l’IMRB menée par Philippe Gaulard a été retenu suite à un appel d’offres de la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM).

Date(s)

le 13 avril 2017

Les lymphomes sont des tumeurs qui se propagent inexorablement. Il existe deux grandes catégories de lymphomes : les lymphomes malins non-hodgkiniens et les lymphomes hodgkiniens. Intéressons-nous de plus près aux lymphomes non-hodgkiniens.

Les lymphomes non-hodgkiniens sont des cancers développés à partir des lymphocytes (globules blancs) B, T ou NK. Dans une étude menée en 2016, l’OMS a recensé plus de 60 types de lymphomes non-hodgkiniens différents. Les lymphomes T sont rares, mal connus et le plus souvent très agressifs. Voilà pourquoi un projet d’étude de ces lymphomes a été sélectionné par la FRM (Fondation pour la Recherche Médicale). Ce projet a pour premier objectif d’identifier et d’étudier les anomalies moléculaires associées au développement des lymphomes T. L’équipe en charge du projet a également identifié l’enzyme IL4I1 produite dans différents types de cancer, dont les lymphomes. Le deuxième objectif du projet est de mieux comprendre comment cette substance affaiblit voire supprime les défenses immunitaires, ce qui facilite le développement des tumeurs.

Il existe plusieurs lymphomes T. Certains d’entre eux sont à l’origine de mutations qui affectent des voies de signalisation très importantes pour l’activation et la prolifération des lymphocytes T. Les lymphocytes T, dont la lettre « T » vient de « thymus », sont impliqués dans la défense de l’organisme. . Les lymphocytes T attaquent et détruisent un grand nombre d'agents infectieux provenant de l'extérieur de l'organisme, comme les bactéries et les virus, ainsi que les cellules provenant de l'intérieur de l'organisme et ayant subi des transformations, comme les cellules cancéreuses.

Les chercheurs de l’équipe 9 de l’IMRB mèneront une analyse systématique des gènes codants les protéines impliquées dans différentes voies de signalisation qui conduisent à l’activation des lymphocytes T. Pour cela, les chercheurs travailleront sur des échantillons biologiques qui ont été recueillis sur de nombreux patients. L’analyse des données obtenues permettra de mettre en évidence les événements susceptibles de conduire au développement de lymphomes. L’enzyme IL4I1 est une enzyme dite « immunosuppressive », c’est-à-dire qui supprime les défenses immunitaires. Elle affecte la prolifération et les fonctions des lymphocytes T et régule physiologiquement les réponses immunitaires. Les chercheurs poursuivront leur étude des mécanismes moléculaires responsables des effets délétères de l’enzyme IL4I1 sur la réponse immunitaire anti-tumorale, et plus particulièrement sur la réponse d’une catégorie de lymphocytes T, les lymphocytes TCD8 cytotoxiques, qui sont capables de détruire les cellules tumorales.

Ce projet devrait ainsi permettre une meilleure compréhension de la biologie des lymphomes T, ce qui conduirait à l’identification de nouveaux marqueurs biologiques (permettant par exemple de mieux évaluer la gravité de la maladie au moment du diagnostic) et de nouvelles voies thérapeutiques. Avec ce projet, l’équipe a pour ambition de proposer une meilleure prise en charge des patients atteints d’un lymphome T.

Pour l’équipe du Professeur Gaulard, le succès à cet appel à projets « Equipes FRM 2016 » génère l’obtention d’une subvention d’un montant de 300 000 € pour les trois ans à venir. Ce financement permettra la réalisation du projet et inclut la participation de deux stagiaires post-doctorants.

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Présence de nombreux macrophages exprimant IL4I1 (marron) au sein de l’infiltrat tumoral d’un lymphome T, suggérant un rôle de l’enzyme immunosuppressive dans le développement du lymphome (étude immuno-peroxydasique avec anticorps anti-IL4I1).