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Projet THERANUC : une recherche sur le cancer du pancréas de la molécule à la clinique

Publié le 2 novembre 2016

José Courty et Ilaria Cascone présentent les principaux objectifs de ce projet de recherche qui vient d’être retenu par l’ANR dans le cadre de l’appel à projets générique 2016 - Projets de recherche collaborative – entreprise (PRCE).

Date(s)

le 2 novembre 2016

Les principaux objectifs du projet de recherche
L’objectif scientifique de THERANUC est double : le développement d’une thérapie ciblée pour le cancer du pancréas et l’identification de biomarqueurs, utilisables en diagnostic comme en suivi thérapeutique.

Cette recherche s’inscrit à la suite de projets déjà conduits au CRRET en cancérologie :
• l’obtention de résultats précliniques montrant que la nucléoline (une protéine présente dans les noyaux des cellules quiescentes et à la surface des cellules tumorales) représente un outil thérapeutique efficace contre le cancer du pancréas. Des tests de thérapies ont été menés avec un pseudopeptide multivalent antinucléoline nommé N6L, breveté par l’équipe de recherche, et qui a passé avec succès une étude de phase 1 (promoteur ELRO Pharma) dans le traitement du cancer du pancréas. Ces travaux font l’objet d’une publication dans Cancer research : "Nucleolin targeting impairs the progression of pancreatic cancer and promotes the normalization of tumor vasculature".
Ces études ont permis de suggérer que le traitement avec N6L pourrait améliorer l’efficacité des médicaments utilisés actuellement.

• des recherches sur la normalisation des vaisseaux pathologiques (un autre projet financé par l’ANR, le projet NORMATHER).

Le projet THERANUC vise une autre étape, l’application de la thérapie ciblée anti-nucléoline dans le domaine clinique, pour le traitement des patients atteints par le cancer du pancréas.

Le contexte
Le cancer du pancréas représente la quatrième cause de décès par cancer dans les sociétés occidentales. En France, il touche chaque année 10 000 personnes nouvelles, et alors qu’une amélioration significative du taux de survie a été observée ces dernières années dans de nombreux cancers, celui-ci reste le seul où la mortalité des patients est en augmentation. Le taux global de survie à 5 ans est inférieur à 5%. Les estimations indiquent que ce cancer sera le deuxième en tant que principale cause de mortalité liée au cancer en 2030. Il n'y a pas actuellement de traitement vraiment efficace et les chimiothérapies les plus largement utilisées permettent de prolonger la survie des patients de quelques mois.

En dépit des progrès réalisés dans la compréhension de la génétique et la biologie de cette maladie, pour l’heure, ce type de cancer n’est pas facilement décelable par des biomarqueurs, la plupart des cas détectés sont déjà métastatiques, et ce diagnostic tardif est un problème important.

Une labellisation du projet par des pôles de compétitivité
Le projet THERANUC est labellisé par le pôle de compétitivité "cancer-bio-santé", à Toulouse, et le pôle de compétitivité Medicen Paris Region.

Les partenaires impliqués dans cette recherche transversale
THERANUC regroupe au sein d’un consortium de recherche transversale quatre partenaires (CRRET inclus), mettant en synergie des chercheurs qui ont développé la thérapie ciblée anti-nucléoline, des cliniciens experts internationaux du cancer du pancréas, des experts sur les aspects "de base" de la molécule :
• le centre de recherche sur l’inflammation UMR 1149,
• le Centre de recherche en cancérologie de Lyon,
• ELRO PHARMA, la société qui a la licence d’exploitation de la molécule (sous un brevet CNRS) et qui a conduit la phase 1 d’études cliniques (la validation des études de toxicité).

Le phasage et les premiers résultats
Le projet, financé exclusivement par l’ANR, démarre en janvier 2017, pour une durée de trois ans. Les chercheurs du CRRET distinguent deux phases parallèles du projet :
• dessiner un protocole d’application clinique (trouver la meilleure combinaison thérapeutique),
• mieux comprendre les mécanismes de l’inhibition de la croissance tumorale et trouver des marqueurs de la réponse au traitement.

Des liens avec la formation
Ilaria Cascone intervient à l’UPEC sur ces thématiques dans le cadre du master de la faculté de médecine et dans le cadre de la licence de la faculté des sciences et technologie.

En savoir plus
• José Courty est directeur de recherches au CNRS et, au sein du CRRET, directeur de l’équipe "Facteurs de croissance, cancer et angiogenèse". Il est le porteur du projet THERANUC "identification de cibles thérapeutiques en relation avec la nucléoline et leur utilisation en association avec le N6L dans la thérapie du cancer".
Ilaria Cascone, MCU-HDR en biologie cellulaire à la faculté des sciences et technologie  et chercheure dans la même équipe, assure la responsabilité scientifique du projet THERANUC.
L'Agence nationale de la recherche (ANR)
Les différentes phases des essais cliniques