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Accueillir des étudiants étrangers : une chance pour l’Université française

Publié le 30 novembre 2018

Jean-Luc Dubois-Randé, Président de l'Université Paris-Est Créteil, et son équipe demandent au gouvernement de reconsidérer la hausse des frais d'inscription pour les étudiants étrangers conformément aux valeurs fondatrices de l’Université publique française.

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Le Premier Ministre Edouard Philippe a annoncé une forte augmentation des droits d’inscription pour les étrangers n’appartenant pas à la communauté européenne (2 770 euros par an pour le niveau L au lieu de 170 euros ; 3 770 euros pour les niveaux M et D, au lieu de 243 euros et 380 euros). Ces tarifs sont publiés sur le site de Campus France, sans qu’un arrêté ait encore été pris.

Plus qu’un supposé label de qualité pour les formations dispensées par les universités françaises, de tels droits d’inscription sont de nature à empêcher une grande proportion des étudiants étrangers de venir étudier en France, à commencer par les plus fragiles économiquement. Cette mesure touchera en particulier des étudiants venus du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, qui représentent 45 % des étudiants étrangers en France. Obstacle à l’attractivité internationale et à la démocratisation de notre enseignement supérieur, cette mesure est contradictoire avec la volonté affichée par le gouvernement de passer de 320 000 étudiants étrangers actuellement accueillis en France à 500 000 d’ici à 2027, et de mener une politique active au service du développement. Cette soudaine élévation des tarifs n’est pas non plus ce qui permettra de capter de nouveaux flux d’étudiants issus de pays émergeants attirés par des universités anglophones.

Dans un contexte de mondialisation accélérée, accueillir des étudiants étrangers est en effet une chance : ils sont des acteurs essentiels des échanges scientifiques, économiques et culturels entre la France et leur pays d’origine. Ils participent au rayonnement de l’Université et de la culture françaises, dans une société globalisée et ouverte sur le monde. Le partage des savoirs et des cultures sont des fondements essentiels de la construction d’une société démocratique et inclusive.

Repousser les étrangers non communautaires en grand nombre, à commencer par de nombreux étudiants francophones, ce serait tourner le dos à une société envisageant l’avenir de manière confiante et dynamique, une société à la fois enracinée dans la richesse de la diversité de cultures et ouverte sur la créativité / fécondité des échanges scientifiques, économiques et culturels internationaux.
Opposés à cette hausse des droits d’inscription pour les étudiants hors de la communauté européenne, nous voulons pouvoir continuer d’accueillir les étudiants étrangers qui souhaitent venir étudier en France et qui en ont les capacités, sans distinction d’origine et sans que des barrières soient érigées à l’encontre des étudiants les plus fragiles économiquement.

Notre vision de l’Université est humaniste et ancrée dans l’esprit des Lumières. Universelle, elle s’enrichit de la diversité culturelle et s’ouvre largement sur le monde.

Nous demandons que les dispositions tarifaires concernant les étudiants étrangers hors de la communauté européenne soient reconsidérées conformément aux valeurs fondatrices de l’Université publique française.